Une phrase a changé ma vie
"On ne regrette jamais de choisir le côté imprévisible de la vie"
(Dominique Manny, La V'limeuse autour du monde)
dimanche 30 novembre 2014
samedi 29 novembre 2014
Un samedi relax (29 novembre 2014)
Par ce beau samedi, j'avais un besoin essentiel de me reposer. C'est ce que j'ai fait: 12 heures de sommeil et un moment fantastique passé dans une piscine d'eau chaude naturelle (hot springs) à moins de 20 degrés sous zéro. Ça fait tellement de bien! Merci à mon EA! Merci à Amélie aussi qui a su optimiser les effets du chaud en me balançant une salade de neige, même si je n'avais absolument rien demandé!
vendredi 28 novembre 2014
Le club de lecture! (28 novembre 2014)
Pourquoi les choses sont faites comme elles sont faites? Pourquoi ce qui t'arrive, t'arrive? Aujourd'hui, je ne le sais tout simplement pas! Mais le jour où je vais comprendre je vais avoir les yeux brillants et la mine légère. Il faut que j'explique un peu. J'ai réalisé aujourd'hui avec une profondeur abyssale (le mot est beau!) combien je suis dépendante de la technologie et surtout quelle place occupe la communication dans ma vie. Ce matin j'ouvre mes courriels, j'envoie des messages, je suis heureuse. À 10h30, j'essaie de me brancher. Capout, plus rien. L'inquiétude commence à monter. Des messages m'annonçant une panoplie de problèmes m'apparaissent, des "pop up" qui m'offrent des solutions surgissent. Je clique. Et vlan! La carte wi-fi ne fonctionne plus vous avez 51 problèmes détectés. Où sont mes preux chevaliers qui me gardent de tous virus d'habitude? Vous me manquez! Armée d'un bon vieux câble, j'ai retrouvé mes sentiers de communication si réconfortants. J'ai téléchargé une aide gratuite qui me promettait de faire le ménage, d'analyser mes problèmes et de corriger la situation (on dirait un petit mari parfait!). Que les sceptiques se le tiennent pour dit, ça a marché! Pour deux semaines, je devrais être épargnée.
Après une belle journée de planification perdue, j'avais la mine basse. Toute ma belle liste écrite en début de journée ne compte aucune rature... Tout est encore à faire. Vais-je réussir à sortir la tête de l'eau? Vais-je réussir à affirmer ma personnalité joviale, créatrice, productive ou suis-je condamnée à être une enseignante qui court après sa queue? Qu'est-ce que je dois comprendre?
C'est dans cet esprit que je me suis rendue au club de lecture organisé en l'honneur d'Amélie et de moi par notre EA. Lecture, lecture ça besoin de pas être du Nelligan ou du Gaston Miron parce que je ne passerai pas au travers... C'était un subterfuge, un attrape-touriste, une comédie! Un code secret pour parler de la bière du vendredi! Nous avons tout de même lu le menu, un minimum de lecture s'imposait. Ça a fait beaucoup de bien d'avoir un groupe pour oublier ma déception de la journée. Pour terminer le travail, ce soir je me couche tôt.
jeudi 27 novembre 2014
Coquillages et badinages (27 novembre 2014)
J'ai terminé la soirée hier dans un théâtre tout à fait charmant. Miniature, intime même, avec un peu de bonne volonté et une coupe de vin on aurait pu échanger nos prénoms... Mais comme on était pas là pour ça, j'ai pris place et j'ai essayé de comprendre, avant la fin, le sujet de la pièce. C'était donc ma première pièce en anglais depuis 1994 (année où j'ai participé au SLBP program). Ça c'est bien passé, j'ai même réussi à comprendre quelques blagues.
Journée youkonnaise typique, c'est-à-dire enfin froide et remplie de petites surprises. Nous avons eu le plaisir de discuter via skype avec notre superviseure de stage. Le plaisir a été rallongé par les nombreuses coupures, nous avons bien dû nous appeler dix fois! Nous avons réussi à faire le tour de la question, avec un peu de patience on arrive à tout. Il m'est resté de l'échange une image de complicité naissante, nous commençons à former une équipe.
Pour terminer la journée en beauté, notre EA et un ami-mentor-qui-a-été-son-prof-d'anglais-jadis, ont préparé une panoplie de petites bouchées de la mer et nous ont conviées à festoyer avec leur conjointe. En alternant badinages et coquillages, nous avons refait le monde de l'éducation. Plutôt qu'une pièce en trois actes, nous l'avons jouée en sept entrées! C'est fou comme ce genre de discussions informelles qui semblent anodines peuvent alimenter des réflexions et même transformer quelques fois notre vision des choses à long terme...
mercredi 26 novembre 2014
Du monde inspirant... (26 novembre 2014)
En discutant avec des enseignants, il y a de ces parcours ici, c'est pas possible! Il y en a qui ont enseigné dans plusieurs endroits du Québec, en Colombie-Britannique, d'autres aux Territoires du Nord-Ouest et d'autres outremer. Nous baignons dans un monde très riche au plan culturel. Ils ont tellement d'expérience. Enseigner en région éloignée, ça veut souvent dire enseigner trois matières sur deux niveaux... Imaginez les planifs!
J'ai visité une classe normale aujourd'hui de 5e année. Voyez ce qu'il y a dedans: un lit deux étages, des bureaux pour se tenir debout avec une barre transversale où on appuie un pied pour le balancer, un vélo stationnaire, une chaise haute, une chaise berçante et bien d'autres. Ce sont des outils pédagogiques qui aident les élèves en leur permettant de bouger tout en restant concentrés. Ces dispositifs ont en commun de permettre les mouvements tout en restant silencieux. Avoir la bougeotte, ce n'est plus un obstacle aux apprentissages. J'ajouterai des photos demain! Une image vaut mille mots.
mardi 25 novembre 2014
Une vraie journée de prof! (25 novembre 2014)
Première! C'est ma première! Deux cours collés pas de pause, pis comme c'est nous qui changeons de classe (les enseignants), un premier retard! Ce n'est pas que ce soit loin, mais ramasser ses choses, effacer le tableau, m'excuser du branle bas de combat à l'enseignante qui me suivait et gagner la deuxième classe, je n'y suis pas arrivée sans délai. La classe chamboulée, c'est parce que j'ai décidé de créer un écosystème avec les élèves. Il fallait de l'espace! J'avais placé les tables en U de façon à libérer un espace central où prendrait d'abord naissance les végétaux, viendraient les herbivores, suivis des carnivores... C'était une belle activité. J'ai pu de cette façon toucher à de nombreux concepts prescrits. Elle rassemblait 6-7 pages du manuel, pour moi c'est vraiment un effort considérable de synthèse.
Voici une photo qui représente bien la pédagogie que l'on retrouve ici.
Que voyez-vous?
Si vous prenez des lunettes yukonnaises (peut-être exclusives à mon école), vous voyez là tout le matériel nécessaire pour organiser un laboratoire sur la porosité du sol. Si vous passiez par là par hasard, vous vous demandez que diable fait cette fille à moitié habillée (il fait -20 degrés Celsius), accroupie sous le balcon des unités portatives (de 9e à 12e année) à gratter le sol avec des instruments de laboratoire pour ramasser minutieusement du gravier... Et que penser de la même fille qui va sous les jeux d'enfants faire des trous pour recueillir cette fois du sable? Je vous rassure, ma santé mentale se porte bien. C'est juste une autre façon de faire de la planification!
lundi 24 novembre 2014
Lundi avec un grand L (25 novembre 2014)
Aujourd'hui, je commençais officiellement ma prise en charge dans ma plage-horaire. La semaine passée, j'avais dû demander une période à Amélie pour commencer avec les 8e, car ils n'ont des sciences que du lundi au mercredi. Je sais que je ne dois pas en prendre l'habitude... Donc ce fût un grand jour et demain en sera un autre. Je commence avec les 7e. Ma période s'est envolée ce lundi pour cause de conférence. Il y a un post doctorant qui est venu nous entretenir de son projet prometteur de produire de l'hydrogène à partir de l'hydrolyse de l'eau. Cet hydrogène servirait de source d'énergie pour faire rouler les voitures. Ce serait tout simplement une avancée grandiose: de l'énergie, de l'indépendance par rapport aux énergies fossiles, un rejet d'eau pure et aucune production de dioxyde de carbone. Il était formidable. Il a su adapter son exposé à nos élèves âgés entre 12 et 17 ans. Toutefois, le sujet est tout de même compliqué, j'ai compris à la toute fin que l'hydrogène ne servirait pas de combustible. Il était question d'une batterie...
J'ai été touchée ce soir, ma jeune mère d'accueil (plus jeune que moi), m'est arrivée avec une bouteille de jus de fruits pétillant, du Boursin et du chocolat noir au framboise pour tout simplement célébrer le lundi... Ça fait plaisir et ça commence bien la semaine!
dimanche 23 novembre 2014
Deux pour un! (22 et 23 novembre 2014)
Samedi
Lever en vitesse pour saisir l'occasion d'aller faire mon épicerie dans le confort d'une camionnette! Je m'attendais à ce qu'il y ait un petit délai entre l'annonce du départ et l'arrivée de Manon... Mais non, c'est accompagnée d'un sandwich mou au beurre de "peanut" et sans café, le sourire aux lèvres que je prends place à la position de la princesse avec chauffeur. Nous prenons le temps de faire les courses sans se brusquer, j'aime ça. C'est drôle, car on aurait voulu faire une rencontre d'enseignants un samedi matin et nous n'aurions pas été plus nombreux que ce matin-là au supermarché! Ensuite, nous avions comme ambition de faire le marché de Noël francophone et d'aller marcher le long de la rivière. Un des deux seulement a été réalisé, on se reprendra pour l'autre. Nous avons donc été à l'Association Franco-Yukonnaise (AFY) et je n'ai pas pu résister à l'artiste Nathalie Parenteau (pour ses cartes de Noël) et à Danielle Bonneau (pour son album de Noël a cappella).
Dimanche
Devions aller dans les sources thermales, remis à une date ultérieure. Pas grave, l'aventure c'est avoir aussi l'agenda souple. Rien de bien spécial aujourd'hui, une petite fatigue? Oui. Mais j'ai tout de même conduit pour la première fois à Whitehorse, ça m'a plus. Petite balade dans un autre marché. Nous avons trouvé une artiste qui travaille la peau de...poisson! Elle fait toutes sortes de jolis petits items à ne pas toucher (que j'ai touché bien sûr!). Fin de balade dans un petit temps gris sur le bord du fleuve Yukon.
Photos prises par Amélie (merci!)

samedi 22 novembre 2014
Des pas...dans la belle floconneuse! (21 novembre 2014)
C'est dans un ciel et un sol unifiés par les gros flocons que je me rends à l'école ce matin, encore sur mon nuage musical de la veille. Je prépare ce qu'il reste à préparer pour mon laboratoire, je révise un peu et j'attends mon heure (de cours!). Les choses se sont bien passées, j'ai beaucoup aimé ce premier cours officiel. Je me sentais en confiance. C'est tellement agréable à ressentir. La plupart des élèves se sont montrés intéressés par ce qu'ils faisaient, l'ambiance était vraiment agréable. J'ai tendance à penser que la préparation y est pour beaucoup et la façon de faire les choses ici: les élèves ont une grande part de responsabilité dans leurs apprentissages. Je trouve qu'il y a là un paradoxe, ils utilisent un programme qui se décline en objectifs et les élèves sont au coeur de leurs apprentissages. Au Québec, nous avons adopté un programme qui prône les compétences, mais les élèves bénéficient de nombreux outils montés par les enseignants. En comparant les deux réalités, je ne suis plus si sûre que cette façon de faire soit compatible avec l'investissement des élèves.
Pour débuter la fin de semaine en beauté, nous avons joué au hockey bottine dans la rue avec des enseignants, des élèves, des amis. C'était vraiment bien! Il y avait du français québécois, du français avec un petit accent anglais, de l'acadien et du français avec un petit accent portugais. C'est beau toutes ces sonorités! Nous avons terminé la soirée autour d'une tasse fumante de tisane. Le plus frappant c'est le panier pour mettre les tisanes, il est assez gros pour transporter un pique-nique pour quatre! On nous a expliqué qu'au Yukon, les boissons chaudes sont réconfortantes et les parents soucieux de la santé de leurs jeunes remplacent les chocolats chauds par des tisanes. Il y en a donc pour tous les goûts et en tout temps.
La photo du jour: igloo réalisé par les élèves du primaire (je crois)
vendredi 21 novembre 2014
Message en retard (20 novembre 2014)
Aujourd'hui j'ai eu la chance d'hériter d'une période pour préparer la séance de laboratoire sur la salinité et la masse volumique. Les élèves ont passé le cours à lire le protocole et construire un tableau à la main. Je ne m'attendais pas à ce qu'ils prennent toute la période, ils l'ont pris. Je ne m'attendais pas à perdre deux élèves dans un cours où ils sont huit ( en plus, il en manquait un, ils étaient donc sept!), un était parti à la toilette et l'autre? Disparu! J'avais beau faire le tour de la classe (petite) avec les yeux, pas l'élève en question. Comme je n'étais pas en charge de la classe, il y avait une suppléante, elle est partie à la recherche de l'élève. Toute à mes pensées, je me retourne et qui j'ai dans le champ de mire à six centimètres de mon nez? L'ÉLÈVE?!
"Mais où étais-tu passé?"
"J'étais là Madame"
"Comment ça t'étais là?"
"J'étais couché par terre"
Je ne suis pas sûre de comprendre: "couché par terre?!"
Toujours à six centimètre de mon nez "Oui Madame, ça me calm down."
Je regarde les autres, incrédule. J'ai tellement l'impression qu'on me monte un beau bateau de croisière (4 cinémas, 10 piscines, 8 restaurants...).
Sans lever leurs yeux de leurs copies, comme si tout ça était d'une banalité, les filles me disent: "B'en oui Madame, il fait souvent ça, ça le calme, ça lui fait du bien." Et continuent sans réaction aucune leur travail.
Je me sens bien conventionnelle tout d'un coup. Pourquoi les élèves ne pourraient pas se coucher par terre si ça les calm down? Que celui qui a une bonne raison de l'interdire, s'exprime maintenant ou se taise à jamais. Vive le Yukon!
Une autre histoire dans la même heure. Une élève me dit:
"Est-ce que je peux aller boire?"
"Non, quand on est en cours on y reste pour une heure, si tu sors tu vas me devoir 15 minutes, c'est le règlement"
"Madame on arrête pas de parler de salinité de l'eau, pis moi ça me donne soif". D'autres élèves approuvent.
"B'en là, c'est pas sérieux?"
"Madame je pense à ça, je vais vous les donner mes 15 minutes, je veux vraiment aller boire". Et elle sort.
Elle revient la mine joyeuse, rafraîchie avec une grande tasse d'eau à la main! Elle a fait la distribution d'eau aux copines! Je devais sûrement avoir la mâchoire pendante... Au bout du compte elle trouvait que c'était pas si cher payé. C'est aussi ça le Yukon, la bonne humeur, l'entraide, les taquineries.
Pas au bout de mes surprises, mon EA vient me voir en fin de journée et me demande si je veux avoir un billet pour aller voir les Hay Babies et les soeurs Boulay. Mes planifications détaillées ne sont pas terminées... Mais d'un autre côté comment refuser alors que j'en meurs d'envie! J'accepte. Je cours chez un collègue (ce qui veut dire sortir dehors dans la neige, mais ce n'est pas froid) qui enseigne dans des locaux préfabriqués pour lui demander s'il peut faire le transport. C'est oui! Je travaille le plus tard possible, je cours chez moi, oublie de manger et suis prête à temps. Quelle bonne idée d'avoir accepté. sinon comment j'aurais fait pour savoir que la communauté francophone ici est si spéciale? Que les gens se parlent comme autrefois ça se faisait sur les perrons d'église? Que les enfants sont emmenés partout (pour profiter des occasions francophones)? Il y avait plusieurs élèves, des enseignants, des parents. Tout ce beau monde serait un peu fatigué demain, et pis après?
mercredi 19 novembre 2014
Dernières observations (19 novembre 2014)
Premiers enseignements pour Amélie et elle m'a demandée d'être observatrice de son cours avec notre EA, ce fût une première occasion de travailler en équipe de façon plus formelle et d’approfondir notre lien professionnel. Pour moi ce sera lundi prochain, je suis encore en planification. Aujourd'hui, j'ai pu observer pour la dernière fois mon EA. J'ai beaucoup apprécié, car il a décidé de transformer les activités de révision en quiz. Il y a eu beaucoup d'interactions et j'ai pu participer à titre de juge, ça adoucit la transition pour les élèves et pour moi. Le fameux quiz a provoqué une réaction vive de la part d'un élève. Compétitif et impulsif, il est sorti de ses gongs lorsqu'il a vu la partie se corser. C'est un élève qui est accompagné d'une éducatrice spécialisée et il fait de grands progrès. Cependant, certaines activités provoquent encore en lui des réactions violentes. Maintenant que je connais mieux ses agissements, les principes derrière les interventions, je crois que je serai moins impressionnable si des débordements surviennent au moment où je serai en charge de la classe.
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En fin de journée, j'ai assisté à une rencontre générale animée par la directrice de la commission scolaire. Il y a eu beaucoup de sujets et d'échanges reliés au fait que c'est une petite école francophone en milieu anglophone et qu'elle a adopté la pédagogie expérientielle comme approche privilégiée. À titre d'exemple, l'école est petite et accueille de la maternelle à la 5e secondaire, les élèves les plus vieux (peu nombreux) ont tendance à quitter l'école pour gagner des écoles qui leur offrent plus d'espace, des choix de cours qui correspondent à leur volonté d'orientation et plus d'occasions de se faire de nouveaux amis. L'autre exemple est en lien avec les défis que pose la pédagogie adoptée. Les planifications des enseignants sont étroitement liées aux activités, nombreuses sorties et voyages programmés tout au long de l'année. La problématique repose sur comment faire en sorte que les parents, les élèves et les enseignants soient tous d'accord avec la programmation. Lorsque survient le cas où il y a des mésententes, la charge pour les enseignants est monstre: monter un nouvel événement qui s'imbrique avec la matière harmonieusement et qui ne vient pas contrecarrer l'équilibre des autres séquences. La latitude est très mince.
mardi 18 novembre 2014
Grisaille et splendeur (18 novembre 2014)
Ce matin c'est avec un petit manteau d'hiver bien normal que j'ai quitté la maison, mais c'est enveloppée d'un imposant manteau de brume que je me suis rendue à l'école. Ce soir c'est dans la splendeur d'une neige immaculée que j'ai regagné mon logis. C'est clair que ce soir (cette nuit) je n'irai pas à la chasse aux aurores boréales. Ce n'est encore qu'un rêve...
http://www.canadaxperience.com/excursions-guidees/observation-des-aurores-boreales-au-yukon
J'ai été choyée aujourd'hui, j'ai pu faire une deuxième journée d'observations et ça été très profitable. Je suis très interpellée par la méthode utilisée ici. On ne brusque pas les élèves. Ils prennent le temps de lire (à voix haute ou pour soi, c'est selon), ils prennent le temps de comprendre, l'enseignant clarifie certaines notions, il attire l'attention sur l'essentiel de la matière. Ensuite, les élèves retracent les concepts dans le manuel, transcrivent des définitions, mettent dans leurs mots. Les élèves lisent, écrivent et s'expriment beaucoup en science. Ici pas de cahiers troués. Il y a beaucoup de discussions d'enrichissement qui naissent spontanément. Dans un des cours ce matin, l'enseignant a pris le temps de discuter avec les élèves de l'organisation du temps. Les élèves sont très sportifs et, la plupart du temps, ils pratiquent un sport de façon intensive. Certains ont l'impression de ne pas avoir le temps de faire leurs devoirs. Il y a eu des suggestions, des critiques, des analyses venant de la part des élèves. Ils ont 11 ou 12 ans et démontrent déjà une belle maturité.
En fin de journée, j'ai pris le temps de préparer mon expérience de laboratoire qui aura lieu vendredi et j'ai fait un exemple du rapport que les élèves devront rédiger. J'ai adoré. J'espère qu'ils auront autant de plaisir à le faire que moi à le peaufiner. Le sujet exploré est la salinité en lien avec la masse volumique (pour ceux que ça intéresse!). Ce n'est pas une photo prise dans Internet, je tiens à le préciser. Il s'agit bien d'une mise en scène très personnelle.
lundi 17 novembre 2014
La journée franco! (18 novembre 20140
Aujourd'hui c'est Gaston Lagaffe qui m'a accueilli le premier à l'école avec comme bonjour:"La vie a-t-elle un sens? ". Moi qui aime les questions, j'étais servie. Je lui ai joué un bon tour à celui-là, j'ai réussi à traverser la journée sans essayer d'y répondre. Venant de ma part, ça ressemble à un exploit. Faut dire que j'ai quelques chats à fouetter: genre une planification qui fait du surplace comme certains gros "pick up" sur les coins de rue glacés de Copper ridge. Ma plus grande victoire aujourd'hui a été de travailler sur ma planification à moyen terme et de ressentir beaucoup de plaisir à le faire! Je ne croyais pas que c'était compatible, je les croyais tous deux "cow-boys" solitaires. Je suis désolée d'imposer certains mots anglais, mais croyez-moi, ils servent mon propos. Ici à Whitehorse, le français c'est relatif. Les anglophones utilisent des mots francophones et les francophones utilisent des mots anglophones, c'est comme ça! Nous avons eu un grand rassemblement d'activités récréatives au Canada Games Center où trois écoles, soit francophone ou d'immersion francophone, se rencontraient pour disputer des joutes amicales de kinball, ultimate frisbee, taï chi, jeux coopératifs, soccer aveugle et volleyball. Même si le français passait souvent inaperçu, l'ambiance n'a cessé de s'améliorer au courant de la journée. Qu'ils se tissent en anglais, en français, des liens ça reste des liens! Cette année nous avons pratiqué "bonjour"et "merci", une autre année ce sera "comment ça va?" et "c'est quoi ton nom?". Je dois admettre que la meilleure phrase entendue de la journée c'est "je ne sais pas c'est quoi ton nom, mais je te fais une passe" (à lire avec un charmant accent anglophone).
http://www.whitehorse.ca/modules/showimage.aspx?imageid=134
dimanche 16 novembre 2014
Sortie en famille (16 novembre 2014)
Dimanche, nous partons la maisonnée (et des amies) pour Fish Lake: il y a deux indonésiennes, une fille de Colombie-Britannique, les parents (un des deux est plus jeune que moi!) et deux québécoises. Nous sommes équipées comme des touaregs qui se préparent à faire la grande traversée: des soupes, des sandwiches, du chocolat chaud, des vêtements chauds, matelas, etc. Tout va bien, malgré la cadence rapide. Soudain, l'une d'entre nous s'arrête, se met à gémir, commence à se dévêtir, cherche son air... Elle nous annonce qu'elle est asthmatique. Allongée par terre, elle essaie de se ressaisir, les nausées viennent et un subit mal de tête violent. Près du coeur, elle sent comme des couteaux. Tout se met en place pour l'aider: certains trouvent des numéros de téléphone, d'autres trouvent à boire, d'autres installent la jeune fille sur un matelas, la couvre. En moins de deux, tout était en place et du secours était en route. Heureusement, la jeune fille au bout d'une demi-heure a pu se relever. Accompagnée, elle a pu descendre d'elle-même. Il s'agissait probablement d'une sévère déshydratation puisqu'elle respirait, somme toute, assez bien. J'ai beaucoup appris de ceux qui ont pris les choses en mains. C'est une expérience assez impressionnante.
La randonnée fût tout de même une réussite, voyez par vous même! Ce qui est touchant, c'est que nous nous connaissons à peine et déjà nous avons un lien qui nous unit. Nous avons pris des photos en pensant à elle jusqu'au sommet...
La chasse au trésor (15 novembre 2014)
La chasse a commencé à notre insu par ce beau vendredi soir où Amélie et moi avons eu la brillante idée d'aller nous balader dans les bois à la nuit tombée. La première partie de la randonnée, rien à dire et déroulement très prévisible. On se rend à la pancarte, on regarde la carte du parc et nous partons faire Hawk Ridge trail. Tout va bien, il fait noir et les paysages sont splendides. Confiantes, nous avançons sans lampe de poche et moi, en grande chef scoute, je me fie au bruit que font mes pas pour savoir si je suis encore dans le sentier. Nous sortons du petit sentier pour en emprunter un plus large. Nous marchons, mais même moi j'étais à bout de conversation, donc ça faisait un petit moment quand même. Nous parvenons à une pancarte où il est inscrit "Gravel pit" et "Chalet", nous échangeons de grands points d'interrogation, fouillons dans notre mémoire et le verdict, aussi cruel soit-il, tombe: nous sommes perdues, il fait nuit (il n'est pas très tard et la nuit est douce, restons positives!) et personne ne sait où nous sommes. Nos sacs à dos ne pèsent pas très lourd: pas de rechange, pas de nourriture, pas de chandelles et allumettes... Les scoutes audacieuses avaient tout de même l'essentiel: la scoute technologique (eh non! ce n'était pas moi, c'est pas parce qu'on devient enseignant de technologie qu'il faut tout savoir!) avait son cellulaire (téléphone portable) muni d'un GPS et moi scoute traditionnelle, j'avais une lampe frontale. Alors scoute techno, en moins de deux nous situe sur la carte et scoute traditionnelle sort sa lampe de poche! Amélie est inquiète, elle croit avoir perdu sa carte débit en sortant son téléphone. Isabelle ne la prend pas trop au sérieux. Les voilà reparties. Au bout de 15 minutes, elles vérifient leur localisation: catastrophe! elles ne sont plus sur les sentiers... Elles rebroussent chemin, prêtes à refaire pendant 3 heures le chemin inverse s'il le faut (faut dire qu'il y en avait une à qui ce plan plaisait plus qu'à l'autre...). Les vaillantes marcheuses vont silencieusement à travers leurs pas. Bonne nouvelle, au dernier positionnement, elles se rapprochent de la ville! Nous parvenons au point névralgique: avec un lampe de poche tout est clair, nous devions TRAVERSER le chemin plus large et non pas l'emprunter... Sauvées, nous étions sauvées! J'ai laissé Amélie prendre ses drôles de pauses aussi souvent qu'elle le souhaitait (genre au milieu d'un pas elle s'écrase par terre, prend sa bouteille d'eau et me dit: je prends une petite pause). La vie est vraiment trop belle!
Épilogue (le lendemain)
Amélie: "J'ai vraiment perdu ma carte débit hier".
Isabelle: "On va la chercher?"
Amélie: "OK"
Nous voilà reparties dans les bois avec des chandelles, des allumettes, des biscuits au chocolat, une frontale et un cellulaire rechargé pour vivre une chasse au trésor grandeur nature (au Yukon, comment faire autrement?). Il n'y a pas que dans les livres que les histoires finissent bien. Pendant qu'Amélie préparait un feu, Isabelle a enfin décidé d'écouter ce qu'elle avait à lui dire hier. Elle s'est rendue seule sur les traces de la fameuse carte, au bout de 15 minutes, celle-ci reposait au chaud dans sa poche... Incrédule, Amélie a vérifié à la lueur de son feu si le nom inscrit était bien le sien...
vendredi 14 novembre 2014
Planification à moyen terme vous dites? (14 novembre 2014)
Aujourd'hui j'avais comme ambition de terminer ma planification à moyen terme, je croyais que ce n'était pas trop demandé à la vie, étant donné que je n'avais pas de cours de science aujourd'hui. J'avais mal évalué la dynamique qui anime cette école si particulière. Ici, il y a sûrement énormément de planification qui se fait, mais je parie qu'il y a au moins le double en improvisation et ajustements de tous genres. En une journée, nous avons changé notre projet de partenariat passant du déjeuner à une soirée vente de pâtisseries de Noël et d'objets d'art, nous avons eu une proposition de conférence sur les ressources renouvelables, l'annonce de deux jours dédiés aux jeux de l’arctique (compétitions sportives) pour plusieurs de nos élèves, le report de notre camp de leadership, est-ce que j'en oublie? À la fin, ai-je besoin de mentionner que ça négociait fort entre les deux stagiaires (une plus que l'autre, ha, ha!) pour ne pas avoir trop de perte de périodes. Le comble, il faut rester ouvertes, ce nouvel arrangement n'est pas coulé dans le béton... Notre seule assurance, c'est de ne pas en avoir. Le Yukon est un pays où la vie s'invente au fur et à mesure on dirait bien. J'adore!
Bientôt elle sera pleine et il fera noir...
Mais où suis-je donc? (13 novembre 2014)
Une autre belle journée! Nous avons commencé en éducation physique. Jusque là tout est normal. Ça ne va pas durer. Qui prend les commandes du cours: une élève! Et quelles commandes, je lui lève mon chapeau. Elle a donné un cours de lutte, pas nécessairement facile avec toutes les possibilités de dérapage que cela comporte. En plus de s'en être bien tirée, elle a fait de la gestion de classe, de la différenciation pédagogique (donner plusieurs variantes d'une même prise, laisser les équipes solides commencer et refaire l'exercice avec ceux qui n'avaient pas compris, etc.), elle a donné des conseils, elle a géré le temps, pris des décisions (laisser tomber certains exercices pour avoir le temps de faire un jeu). Elle m'a beaucoup inspirée. N'est-ce pas ça que je devrai faire d'ici quelques jours? Il y a beaucoup d'apprentissages à faire pour devenir enseignant, mais l'instinct n'y serait pas aussi pour quelque chose?
La deuxième période commence. Wow! qu'est-ce qui se passe? Plusieurs élèves se sont changés, après l'éducation physique, vous me direz qu'il n'y a rien d'anormal là-dedans. Vous avez raison. Mais ils sont revenus en pyjama... J'ai eu un flash, j'ai demandé si c'était un jour pyjama, ç'aurait été plausible puisque mercredi c'était jour cravate, la réponse était :non. C'est plus merveilleux que ça. Imaginez-vous donc, qu'ayant remarqué un stress important chez les élèves les jours d'examen, l'EA leur donne tout bonnement le droit de rester en pyjama si le cœur leur en dit. Ce petit truc, je me promets de le garder précieusement enveloppé dans un mouchoir de soie de Chine dans ma petite trousse d'enseignante...
Pour vous donner une idée du nombre d'élèves dans notre école, sur la photo qui suit, chaque coquelicot représente un élève (de la 4e année au 5e secondaire). Il apparaît clairement qu'ils sont peu nombreux, mais ce que je souhaite transmettre par l'image c'est la beauté et l'harmonie du champ qu'ils forment.
mercredi 12 novembre 2014
La famille s'agrandit! (12 novembre 2014)
Aujourd'hui c'était le grand jour attendu. Nous rencontrions notre raison d'être ici: les élèves. Et quels élèves! Ils papotent beaucoup, mais choses rare, c'est souvent à propos de la matière en cours. Nous avons pu constater un lien de camaraderie très fort entre l'EA (enseignant-associé) et les élèves. C'est inspirant et à la fois angoissant: vont-ils accepter de créer de tels liens avec moi qui suis de passage?
Nous avons eu des moments forts: une célébration du jour du souvenir, nous connaissons tous les prénoms de nos élèves et déjà une première rencontre (informelle) pour notre projet en partenariat. Tout porte à croire qu'Amélie et moi travaillerons à une levée de fonds: un déjeuner à l'école un jour de semaine, fallait y penser! Puisqu'il faut bien manger, pourquoi pas le faire à l'école! Une devra se charger de la logistique déjeuner et l'autre de l'ambiance musicale.
Pour ce qui est de ma planification à moyen terme, ça avance mais pas au rythme où je le voudrais. Heureusement que Paulo (professeur de didactique), nous a fourni des outils (trame conceptuelle) et que mon EA m'a pistée aussi. J'ai bien peur que le week end y passe... Comment trouver l'équilibre? Profiter de l'expérience ici sans empiéter sur mon rôle de stagiaire. Déjà, je sais que samedi des enseignants et des élèves jouent au hockey-bottine et que dimanche ma famille d'accueil va en montagne, que faire?
Je vous laisse avec une devinette: à quelle heure de la journée ont été prises les deux photos suivantes, sachant que je suis partie vers 7h35 de la maison et que j'ai quitté l'école à 17h05.
mardi 11 novembre 2014
Anecdotes en vrac
J'ai vu au centre ville hier un vêtement que je ne connaissais pas: au lieu d'être un pantalon de neige, c'était une jupe de neige! Même tissu, forme différente...
L'exposition vue dans le cadre du cours INT 201 sur les mammifères de l'ère glaciaire, hé bien elle est ici à Whitehorse au centre des arts! En la visitant, je me disais aussi qu'on s'était "vues" quelque part... Et comme il s'agit d'une exposition itinérante, pas de doute c'est bien elle!
Défi pour mes lecteurs
Pourquoi construire ce type d'habitation appelé Log skyscrapers?
Surtout, pas de frustration! Je ne connais pas la réponse, je vous le demande. Cette construction se trouve au centre ville de Whitehorse et est encore habitée.
J'ai fait les premiers pas... (11 novembre 2014)
Vers l'école, ce sera mon chemin quotidien.
Autour du quartier, à 5 minutes de la maison nous pouvons randonner dans les grands espaces et, si le cœur nous en dit, apporter nos skis de fond.
Vers Noël... C'est un arbre de Noël perdu dans les bois, un peu comme moi aujourd'hui dans notre école minuscule. Ne vous inquiétez pas tout est rentré dans l'ordre. Sinon, je demanderai à Amélie!
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