Une phrase a changé ma vie

"On ne regrette jamais de choisir le côté imprévisible de la vie"
(Dominique Manny, La V'limeuse autour du monde)

samedi 20 décembre 2014

Le Bilan (10 décembre 2014)

Je suis tellement fière de mon stage, fière de l'avoir réussi dans des conditions agréables, fière d'avoir rencontré des gens passionnés, fière d'en savoir plus sur l'enseignement dans les communautés minoritaires francophones. J'ai tellement appris dans la classe avec les élèves, dans les couloirs de façon informelle, dans les réunions dirigées, dans les discussions. Les éléments des compétences d'un enseignant qui ressortent sont sans aucun doute la planification, la différenciation pédagogique, l'élaboration d'expériences de laboratoire avec les moyens du bord, le pilotage d'activités, les projets en partenariat et le développement professionnel. 

J'en sais plus sur moi, j'aime préparer des projets, des sorties. J'aime lire les évaluations des élèves et déduire les manques de mon enseignement par les réponses. J'aime discuter (tout court! dirait mon EA) de pédagogie, d'enseignement, des élèves qui ont des difficultés, des astuces pour les faire progresser. J'ai réussi à mieux gérer mon temps d'enseignement et à garder un fil conducteur toute la période. Il me reste du travail à faire au niveau de la clarté des consignes et sur l'évaluation de la complexité d'une tâche. Aussi, ce qui m'importe le plus pour le stage IV, c'est d'arriver à diminuer mon temps de préparation afin d'adopter un mode de fonctionnement qui puisse perdurer à long terme. Malgré la fatigue, je ressens de la fierté à avoir conçu toutes mes leçons à partir du seul manuel. Elles ne sont pas parfaites, mais elles ont un lien avec le programme de formation, elles ont été adaptées à mon style et ont permis de voir la matière prévue. Aussi, j'ai eu toute la latitude pour essayer différentes approches: expérimentale, modélisation, simulation; pour tester différents activités: quiz, quiz coopératifs de toutes sortes, des recherches dans Internet, une visite, etc. Vraiment, ce fût un terrain de jeux sans limites de terrain où l'enseignante en devenir (5/8 du parcours) que je suis s'est bien amusée. 

Parlant d'amusement, aujourd'hui nous avons fêté Noël tous ensemble avec les élèves de 7e et 8e année. La journée a débuté par une séance de loups garous, il y a eu une partie de chasseurs dehors dans le bois (avec un ciel rose et bleu!) et la préparation du repas communautaire (potluck). Tous les élèves ont apporté des plats, les enseignants aussi et nous avons fait un grand buffet.  Il y avait des nappes vertes. L'ambiance était à la fête. Un élève a joué de la guitare classique, c'était très beau. Nous avons porté un toast avec une boisson particulière (à l'aloès) avec une pulpe bien singulière (baptisée la boisson dégueu). Les élèves, pour la plupart, ont bien aimé. Ensuite, un élève s'est chargé du faux-champagne et a laissé le bouchon "popper" dans les airs, au plaisir de tous. Nous avons poursuivi avec le repas et la dégustation de tartes au sucre en compétition. L'EA n'a pas gagné... c'est sa conjointe qui est arrivée bonne première! Était maintenant  venu le temps de découvrir notre ami secret. Celui qui, durant la semaine, nous a fait des petites attentions. Il y a eu plein de surprises, mais surtout des desserts d'échangés. L'EA a reçu comme cadeau un cahier de calligraphie par les élèves, car ils se plaignent qu'il écrit mal et surtout moins bien que les stagiaires! La journée a passé trop vite! Il était déjà temps de se dire au revoir...

C'est ainsi que je reviens avec du bagage  de plus... je ne parle pas au figuré, je vous assure! J'ai vraiment été gâtée!




jeudi 18 décembre 2014

Jusqu'à la dernière goutte! (18 décembre 2014)

Il me semble qu'il me reste encore plusieurs choses à faire, des conversations à avoir, c'est comme si ce n'était pas encore la fin du stage. Ce soir, je corrigeais lorsqu'une enseignante vient me demander des nouvelles d'une ancienne élèves et nous voilà parties sur ses choix pédagogiques, ses trucs, la tangente que prend son enseignement.  Nous en sommes venues à discuter de l'évaluation au service de l'apprentissage. Pour elle, c'est la formation la plus utile qu'il lui ait été donnée de suivre. Elle l'utilise à tous les jours et ça lui permet de différencier ses interventions avec les élèves. Son activité où ce sont les élèves qui doivent ressortir les critères d'un travail bien fait, d'un moyen et d'un pas très bon en analysant des exemples de travaux, je me promets de le tester au prochain stage. Ça leur permet de comprendre la grille avec laquelle ils seront évalués et d'organiser leur travail en conséquence.


L'autre surprise de la soirée est survenue lorsque je suis allée me chauffer des restants de lunch pour le souper. J'arrive dans la salle des profs et je vois que la table est mise pour le déjeuner. Je me dis chouette! quelqu'un organise un déjeuner d'enseignants, je vais arriver plus tôt demain. Il y avait des bananes, des céréales, des verres, des bols, etc. Il y a plusieurs personnes que je ne connais pas, qui passent, fouillent dans le frigo... Je demande à une des dames "est-ce qu'il y a une activité spéciale ce soir?". Elle me répond que non, il n'y a que les quatrième année qui vont dormir à l'école ce soir. Mais pour moi, C'EST TRÈS SPÉCIAL! Effectivement, dans la bibliothèque, je vois tous les petits en pyjama autour de personnes (des parents?) qui leur racontent des histoires. Plus tard dans la soirée, je vois l'enseignant faire le tour dans mon coin et il éteint les lumières. Il me dit "J'espère que ça ne te dérangera pas trop, on va faire une partie de cachette". "Pas du tout, c'est très charmant comme idée". Et quelques instants plus tard retentit une voix d'enfant qui doit s'entendre dans toute l'école. Il compte. Quel enfant peut se vanter de jouer à la cachette dans son école et, le summum, d'emprunter l'interphone de la directrice pour faire le décompte? C'était magique. Les enfants et l'enseignant avaient l'air vraiment heureux d'être là. Quelques fois la simplicité est inspirante! 


Comment arriver à faire un bilan quand il y a toujours quelque chose de nouveau qui arrive? Pour ma part, ce sera demain et je ne sais pas à quelle heure, car il me reste un examen à distance à corriger, mon évaluation à rentrer et des remerciements à faire. J'ai sûrement des documents à faire signer à mon EA, je regarderai demain. Je ferme boutique pour ce soir!

mardi 16 décembre 2014

Inauguration des fêtes! (16 décembre 2014)

Ce matin, j'ai fait ma dernière tournée pour vérifier les GPS. Le géocaching c'est aujourd'hui que ça se passe. La technologie c'est bien jusqu'à ce qu'elle nous joue un vilain tour. Et comme je ne voulais pas qu'elle s'en prenne à moi (ni à mes élèves), j'ai vérifié que chacun des GPS nous mène aux 13 points placés dans les bois près de l'école. Ce furent deux heures magnifiques passées dehors. Je suis revenue (les pouces gelés) juste à temps pour voir le spectacle de l'école: toutes les classes ont préparé une chanson. Nous étions tous réunis dans le gymnase, où se trouve la grande scène d'ailleurs. C'était mignon pour plusieurs d'entre elles, mais nos deux classes manquaient un peu de conviction... Pas grave, nous y étions, c'est l'important. Ensuite, un petit dîner vite fait, comme toujours. Puis, petit cours de GPS 101 avec les élèves participants, distribution des feuilles de route et grand départ. Le soleil et la technologie aidant, nous avons passé un magnifique après-midi en gambadant dans les bois. Pour certains, le terme gambader est un peu fort... pour d'autres, il est un peu faible. Tous sont rentrés dans l'école les joues bien roses, en souriant. Ils ont passés quelques temps à chercher des mots avec les lettres trouvées. Les voici, si vous voulez vous essayez: L M A A E  I I O O R S N T. Le mot le plus long trouvé par eux mêmes a 10 lettres et le plus grand, avec aide, en a 13. Je suis heureuse d'avoir travaillé à ce projet et je suis reconnaissant à l'EA (et sa conjointe) de m'avoir appuyée concrètement en travaillant sur le parcours, l'entrée des données... Je le répète: pour moi le travail d'équipe c'est mieux et précieux.


J'ai décidé de terminer la journée en beauté et en couleurs: j'ai fait des suçons au sucre d'orge et smarties afin de pouvoir en faire avec mes élèves de 8e. Tout le monde voit le lien avec l'eau, la température d'ébullition qui change avec le sucre, les mélanges homogènes, le solvant, le soluté. Nous ne cuisinons donc pas, nous faisons un lab! Que l'on ne se méprenne pas! Nous ne sommes pas encore en vacances!




lundi 15 décembre 2014

Différenciation pédagogique (15 décembre 2014)

Une des classes était en évaluation aujourd'hui. Pour les élèves, ils semblait très important de pouvoir recourir à leurs notes et à leur manuel. J'ai donc acquiescé en leur mentionnant que ce sera inévitablement un examen plus difficile lorsque je l'ai créé. Ils ont passé une période très concentrés sur leur copie. Je vois bien que c'est difficile passer d'un enseignant à un autre  lorsqu'on parle d'évaluation. Les élèves stressent. Un en  particulier. Je sentais quelque chose monter en lui depuis quelques minutes. À un moment donné, il a pris sa copie, l'a déchirée. Il s'est levé debout m'a regardée en colère, a lancé son manuel par terre, est passé derrière moi et est sorti de la classe en claquant la porte et en hurlant dans les couloirs. Je ne crois pas que je pourrai oublier  son regard de détresse et de souffrance. Il ne se sentait pas capable de passer au travers ce que je lui demandais à ce moment précis. J'avais pourtant fait évaluer l'examen par mon EA et une psychoéducatrice. Ils m'avaient tous deux donné de précieux conseils. La différenciation pédagogique s'est manifestée comme suit: certaines questions étaient au choix (ex.: fais-en 4/6), je donnais les pages du manuel relatives à la question, j'ai retiré des questions plus difficiles et j'ai choisi une mise en page plus aérée. Pour cet élève, ça n'a pas marché. C'est dommage, j'aurais aimé que ça se passe autrement.  

dimanche 14 décembre 2014

Géocachettes (14 décembre 2014)

Pour moi aujourd'hui, c'était l'organisation de l'activité de géocaching qui aura lieu mardi après-midi pour les élèves de 7e, 8e, 11e, 12e et la classe alternative. J'ai donc passé une bonne partie de la journée dehors à entrer les points dans les GPS et cacher les contenants avec les objets. Une première tournée avec l'EA et sa conjointe qui ont entré les données pour chacun des points dans les GPS et seconde tournée seule pour vérifier si tout fonctionnait bien. Malheureusement, tout ne fonctionnait pas si bien. Où dois-je noter mes réticences envers la technologie déjà? J'ai fait plusieurs retouches pour les premiers points, mais les choses se sont améliorées rapidement. Heureusement, j'ai profité des dernières lueurs du jour. Je suis rentrée à la maison et il y avait un bon repas chaud qui m'attendait, car c'est la fête ici. Ma "host family" faisait un "winter gathering" avec les copains simplement pour le plaisir. J'ai eu droit en soupant (faveur savourée) du récit de la dernière expédition de chasse à l'orignal de la famille. Ils montent tout leur matériel le long de la rivière avec un camion. Ils prennent les canots, les chargent du matériel pour manger et coucher en route et c'est à bord de leurs embarcations qu'ils attendent leur proie. Ils ont tué un orignal, photos à l'appui, l'ont dépecé sur place, ont tout rangé dans les canots et ont regagné un camp de chasse où ils ont passé la nuit laissant l'orignal dans le canot! J'aurais eu peur que les animaux s'en fasse un festin, ça ne semblait pas tarauder l'esprit des chasseurs. 

Voici comment j'ai eu  le plaisir de faire plus ample connaissance avec l'orignal...



samedi 13 décembre 2014

(13 décembre 2014)

Levée à l'heure des poules, ça marche pas ici. Y'a pas de coq assez zinzin pour s'égosiller dans le froid et la  noirceur du matin pour réveiller ses poules. Si elles obéissent au soleil, son chant risque de s'étirer longtemps (lever aujourd'hui à 10h00!), Imaginez le pauvre diable! Je me suis donc levée tôt ce matin avec l'aide de mon vieux i-phone 3. Par ce beau samedi, nous avions prévu faire un tour en Alaska. Départ prévu à 8h00, départ effectif à 8h20 (ce n'est pas ma faute!) dans un pick up chaud et déglacé (merci Amélie!). Nous roulons doucement vers l'Alaska et réalisons quelque chose probablement d'unique en Amérique du nord: nous complétons l'évaluation des six premières compétences du cahier d'évaluation de stage au milieu des géants blancs impassibles. Les montagnes sont si belles que nous devons de temps en temps lever nos yeux du cahier pour leur rendre hommage. C'est ainsi que nous avons d'abord traversé en Colombie-Britannique, ensuite aux États-Unis où Amélie a eu une conversation franche et sans détours avec le douanier américain. Notre EA a même eu droit à des compliments de sa part (l'avait-il payé au préalable?). Nous ne le saurons jamais. Notre programme allait bon train, mais nous étions loin de nous douter qu'en plus d'avoir franchi trois territoires distincts (rappelez-vous Yukon, Colombie-Britannique, États-Unis), nous toucherions à l'eau de l'océan pacifique, nous rencontrerions la mythique Chilkoot trail (la célèbre route empruntée par les chercheurs d'or), nous capterions le regard d'un renard anglophone,  nous ferions un tour de train (celui-là on le savait, mais ça n'avantageait pas mon récit) dans les Montagnes Rocheuses, nous visiterions Skagway (déserte dans le sens de fantôme), nous fermerions le Sweet Tooth Café à 15h00 (petit restaurant pressé de retourner dans sa quiétude hivernale habituelle, mais où les burgers sont très bons), nous passerions devant l'école du village et reprendrions la route du retour des images plein la tête... La seule ombre au tableau, mon EA s'est payé ma tête en simulant une aurore boréale, moi qui souhaitais tellement que ce soit vrai, j'y ai vraiment cru. Y'a des jours où c'est vraiment pas de chance!








Photo de Sweet Tooth Cafe


vendredi 12 décembre 2014

Bacon et Casse-Noisette (12 décembre 2014)

Dernier jour d'une grosse semaine. Nous avons réalisé une activité de financement ce matin. Elle est vraiment parmi les plus simples qu'il m'ait été donné  de vivre. Voici en gros le principe: les élèves apportent des ingrédients fournis par leurs parents, les enseignants et les élèves montent la salle, décorent et cuisinent. Le matin, les parents viennent reconduire les enfants un peu plus tôt et en profitent pour déjeuner en famille à l'école et partent pour le travail. Fallait y penser! Notre menu était fait pour plaire à tous, il était équilibré c'est-à-dire constitué de bon, de moyennement bon et de cochon. Il n'y a pas de figuré, non, non, non... il s'agissait de salade de fruits, de crêpes à la tante Jemima et de bacon. Ça faisait de belles assiettes! sauf à la fin. Nous avions prévu de la nourriture pour au moins 50 personnes, mais il en est venu 150! Pour compenser le manque de fruits et de bacon à la fin, les crêpes étaient plus grosses et le chocolat et sirop d'érable plus généreux! L'ambiance était très agréable, les élèves très engagés et les clients accommodants. Cette activité, en plus de remplir les coffres pour aider à payer le voyage en Alberta (je crois), est une belle occasion de créer des liens.




Les cours ont eu lieu comme d'habitude, n'ayez crainte! Peut-être un peu allégés tout de même. Nous avons terminé la journée par le très célèbre Casse-Noisette au Yukon Arts Center. Pour ajouter du piquant, nous avions des élèves et une enseignante parmi les danseurs. Je me demande bien d'ailleurs comment elle fait pour trouver le temps de danser...




jeudi 11 décembre 2014

Faut ce qu'il faut ou le dernier blitz (terme allemand signifiant l'éclair) ! (11 décembre 2014)

J'arrive de l'école il est 22h30. Sentant la fin arriver, j'ai fait ce que j'ai pu pour terminer les tâches vraiment importantes: terminer la réalisation de A à Z des examens des 8e (dont une version différenciée), créer une grille d'évaluation et corriger les rapports de visite de la station d'épuration des eaux usées, faire le ménage du laboratoire, rentrer des notes. Pourquoi fallait que ce soit fait absolument ce soir? Parce que demain c'est notre déjeuner-bénéfices et qu'après je souhaite faire la sortie scolaire avec les élèves, nous irons voir le ballet Casse-noisette (une  enseignante sera sur scène). Pas question de rester à l'école et travailler! Je n'ai pas tout dit. En fin de semaine, nous allons en Alaska, je veux être complètement libre pour vivre cette journée pleinement. Aussi, il y a le souper poutine, il y a le party de profs... Que de déchirements, faudra choisir! Dimanche, je dois me consacrer à mon géocaching que j'ai négligé. Il doit être prêt mardi, croûte que croûte! La semaine prochaine, je sens qu'elle va s'envoler dans un claquement de doigts. Il y aura des corrections, des preuves pour le cyberfolio à ramasser, des activités spéciales à préparer, un cadeau à faire à notre ami-secret (je ne vous direz pas qui j'ai pigé, car Amélie lit mon blogue...) et profiter un peu du Yukon. Je ne suis pas partie que j'ai hâte de revenir.

Au plan professionnel, il y a beaucoup de prises de conscience qui se font actuellement. Entre autre, par rapport à l'évaluation. Dans les résultats des élèves je vois mes erreurs, mes forces. Je réalise aussi combien il est important de prendre le temps de monter le matériel d'évaluation avant d'enseigner la matière autant que possible. La cohérence entre l'enseignement, les activités proposées et les travaux demandés  est beaucoup plus tangible. Je me demande toutefois dans quelles conditions cela peut être possible. Je pense aux enseignants ici qui devront bientôt passer de l'évaluation d'objectifs à l'évaluation de compétences. Ils sont déjà débordés, comment pourront-ils trouver le temps de développer des outils d'évaluation?

Pour terminer, je veux mentionner un fait important. Je commence à ressentir en dedans que tout est possible: j'ai ce qu'il faut pour devenir l'enseignante que je rêve d'être. Je recommence à en avoir envie comme je l'envisageais en début de formation. Faut dire que l'ambiance ici est propice. Par exemple, aujourd'hui, les élèves de 7e et 8e ont participé à la préparation du déjeuner de demain. Un groupe a coupé les fruits pour une éléphantesque salade de fruits, un certain EA a fait cuire tout le bacon en stock à Whitehorse (en s'en gardant une petite tranche pour sa collation de 4 heure qu'il s'est fait à moitié voler par une élève rusée au regard rempli de convoitise!), d'autres se sont époumonés sur des chansons de Noël en créant des immenses flocons de papier (trop beaux! non, non je n'ai pas de parti pris). Nous avons bien dû gaspiller dix tentatives de flocons avant que le plus lunatique du groupe nous surprenne en nous montrant comment faire! C'était vraiment une belle journée!

Et ça commence à sentir Noël!




Journée bien remplie (10 décembre 2014)

J'ai dû reporter l'écriture de mon blogue, trop occupée! C'était pas le temps d'écrire ma vie, c'était le temps de la vivre! Le matin, création d'un examen pour les 8e. J'ai curieusement aimé ça. Ensuite, préparation de mes deux cours (menu du jour au tableau, vocabulaire important, matériel informatique, etc.) qui sont un après l'autre sans pause et qui me forcent à développer l'ubiquité (à vos dictionnaires, go!) faute de ne pas être encore en mesure de me téléporter (venant d'une enseignante de sciences, je sais c'est décevant...).  Enchaînement immédiat avec le  tournoi de volleyball (organisé par ma collègue), ne me demandez pas les points, je n'en sais rien. Je sais que c'est très agréable de se dégourdir et faire le vide dans sa tête avant d'aller en cours. Les cours, c'est très stimulant se retrouver devant des élèves actifs (cognitivement), les 7e sont durs à battre. Ils font tellement de liens avec leurs propres expériences que je pourrais préparer une moitié de cours et ils pourraient facilement l'enrichir eux-mêmes. Il y a de ces élèves. Avec mon EA, nous avons identifié au moins 5 élèves sur 15 qui seraient en mesure de couvrir le programme juste en lisant, en réfléchissant et en échangeant ensemble. Ils n'ont pas besoin d'enseignant, le contraire n'est pas vrai. Ils sont des collaborateurs précieux pour les enseignants. Il y en a un hier qui me demande, en allant porter le lait au frigo (contribution à notre déjeuner communautaire, payant de vendredi pour ramasser des fonds), "pourquoi ces gell-o"? "C'est vrai, c'est moi qui les ai préparés pour la classe de 7e, mais  j'oublie de vous les donner. Tu veux bien me le faire penser aujourd'hui?" Non seulement il a rappelé l'existence des gell-o à son enseignante, mais il a décollé chacune des gelées, les a placées près du petit arbre de Noël, prêtes à être servies. Sans le savoir, il m'a fait faire une découverte qui pourrait changer le cours de ma vie d'enseignante. Partager les responsabilités, c'est-à-dire déléguer. Les responsabilités aux élèves c'est sûrement une manière judicieuse de décharger les épaules de l'enseignante et stimuler les initiatives chez les élèves. Pour terminer la journée, nous avons eu la présentation jusqu'à 17h00-17h30 de l'ébauche du plan stratégique de la commission scolaire. Deux mots pour résumer: fastidieux mais nécessaire. Pour des stagiaires: pertinent et formateur. Ma journée s'est terminée en famille (host family): 3 qui faisaient des bricolages de Noël et moi qui bricolais l'examen des 7e. Une belle grosse journée!

mardi 9 décembre 2014

Vive la créativité! (9 décembre 2014)

Deuxième film tourné en après-midi (vidéo évaluatif, j'entends). Les choses se sont bien déroulées, pas totalement comme prévues mais même mieux. Quand je dis que j'aime le travail d'équipe, c'est toujours aussi vrai. Pourquoi ça me plait autant? Parce que j'aime que le scénario de départ mûrisse et prenne une tangente encore plus intéressante. Aujourd'hui, dans la classe, je me rends compte que le temps file trop vite, je propose aux élèves de laisser tomber une activité. Voici en gros ma proposition: ils avancent les travaux individuels et la vidéo ils la regarderont à la maison ou on regarde tous ensemble la vidéo mais ils auront des devoirs. Un petit brouhaha s'élève, pour les uns la première solution est la meilleure et pour d'autres c'est la deuxième. Ça sent le cul -de-sac... Heureusement un héros sort de l'ombre, ce n'est pas le plus costaud, mais sa façon d'envisager la situation nous a sauvé d'une mutinerie certaine. Il me demande simplement:"Madame, est-ce qu'on pourrait écouter la vidéo tout en travaillant".  Quelle bonne idée! Fallait y penser! Surtout que la vidéo était très musicale. Le sujet: en Amérique du sud, des gens récupèrent des déchets pour en faire des instruments de musique. Nous voyons les enfants qui les utilisent, qui en jouent. Certains participent même à la confection. À la fin, ils forment un orchestre comparable à tous les autres orchestres du monde entier sauf que leurs instruments affichent une créativité inégalée, tout comme ce charmant petit blond. C'est ainsi que le brouhaha a fait patate et que les élèves ont partagé leur attention entre deux tâches tout à fait compatibles. Est-ce que je vous ai déjà dis combien j'appréciais le travail d'équipe?





Ça me fait plaisir de penser que je ne suis pas la seule...


lundi 8 décembre 2014

Une sortie, youppi! (8 décembre 2014)

Je souhaitais organiser une sortie à la station d'épuration des eaux de Whitehorse avec les élèves de 7e et 8e année. Cette sortie cadrait parfaitement avec de la matière vue précédemment en lien avec le cycle de l'eau, l'empreinte écologique, l'humain et l'écosystème, les bassins de drainage, la filtration de l'eau par le sol, l'eau souterraine, la sédimentation, etc. C'est maintenant chose faite. Aujourd'hui, nous avons été témoins qu'ici les choses peuvent encore se faire simplement et respecter le fonctionnement des écosystèmes.  Grosso modo les stations (une petite pour 250 habitations et une grande pour le reste de la ville, donc  pour 23 000 personnes) ont des fonctionnements similaires. L'eau souillée arrive dans un bassin, elle y séjourne et décante: les sédiments descendent au fond et l'eau plus claire reste au dessus. C'est l'activité enzymatique des bactéries qui permet de décomposer la matière organique. Dans le premier bassin, l'activité est intense et les conditions sont anaérobiques. Plus l'eau progresse à travers les bassins et plus elle est oxygénée et libre de sédiments. Au dernier bassin, les conditions sont revenues dans les normes acceptables pour l'environnement.  Le test: y placer des poissons et vérifier leur état de santé. Une eau polluée ne permettrait pas aux espèces introduites de survivre. L'eau pourra donc être relâchée dans le fleuve Yukon. L'eau séjourne en moyenne six mois dans les différents bassins. L'eau qui filtre à travers le sol et rejoint la nappe phréatique gagne aussi le fleuve, mais nous ne connaissons pas la durée du parcours. Les élèves qui s'attendaient à entendre parler de produits chimiques! Il n'y a que des bactéries et des enzymes ajoutées au début et, au dernier bassin, la faune aquatique et terrestre qui s'établit laisse entendre que les conditions sont favorables à la vie. On dirait un conte. On aurait dû demander à Mike s'il a remarqué la présence d'elfes dans les parages...


Quand je pense que nous sommes passés à deux doigts de ne pas réaliser cette sortie. La semaine dernière, j'ai travaillé avec un conseiller pédagogique pour monter la première partie du projet, ensuite avec l'EA et pour terminer avec une psychoéducatrice. J'avais demandé aux élèves de m'envoyer leurs questions (que la visite suscitait) par courriel. J'ai compilé leurs questions dans un journal de visite en incluant des exercices de mon cru. Il y a donc eu de nombreux efforts dans l'organisation d'une simple visite. Hier soir, j'apprenais que l'enseignante qui devait faire le chauffeur d'autobus (l'école possède son autobus, c'est chouette) s'est blessée et qu'elle serait absente, pouin, pouin, pouin, pouin, pouin. Tant pis, on verra bien. Mon EA a laissé entrevoir des solutions possibles ici et sûrement impossibles ailleurs. Ce matin, il a demandé un autobus jaune à la dernière minute avec chauffeur. Par dernière minute, j'entends dernière minute. À 8h15 la demande se faisait et le départ était pour 11h30.  Nous avons aussi dû courir les autorisations de sortie pour les élèves qui avaient oublié de faire signer leur formulaire. Tout s'est fait par courriels et nous sommes partis à temps... 






On voit que les étangs ne sont pas gelés. Ils tarderont à le faire car l'activité bactérienne dégage de l'énergie et du méthane.





Nous avons eu droit à une belle promenade sinueuse dans la nature. Si on ajoute à cela certaines effluves (il faisait chaud aujourd'hui, les odeurs en ont profité pour nous taquiner les narines), certains sont débarqués de l'autobus avec le teint pâle...


Si on compte le stress, les questions des élèves qui me sont parvenues à la dernière minute, le surplus de travail occasionné, je me suis demandée si ça valait vraiment le coup de se donner du mal et de prendre le risque que tous ces efforts ne mènent à rien. J'aurais presque aimé que les élèves n'apprécient pas... Ce serait plus simple. Maintenant, je ne peux m'empêcher de ressentir beaucoup de fierté en voyant leur enthousiasme à griffonner des notes dans leur journal de visite, de questionner Mike et même de déborder des questions préparées. Ils ne le savent pas, mais ils me font beaucoup de bien.


dimanche 7 décembre 2014

Deux contraires qui s'attirent... (6-7 décembre 2014)

Le samedi c'est incontestablement le cas de deux contraires qui s'attirent, sinon comment décrire de la neige dans un désert de sable... Autrement dit, combien de déserts dans le monde peuvent se vanter d'avoir un contact aussi étroit avec de la neige? 



Nous sommes sur une dune de sable, il y a peu de neige, mais il y en a assez pour s'amuser (comme la comptine "un petit pouce qui branle ça suffit pour s'amuser") .

Sur le chemin du retour, nous en avons profité pour passer par un autre chemin, qui est en fait un cul-de-sac, mais qui nous permet de faire un tour au paradis avant de rentrer en ville. Pratique et relaxant, surtout lorsque l'on "surfe" encore une petite vague de chocolat chaud saveur "Rolo"...





Dimanche, jour de repos ça va bien ensemble. Comme les contraires s'attirent, ce ne fût pas de tout repos, mais bien un beau dimanche passé à l'école. Première partie, préparation d'un géocaching et deuxième partie, préparation de ma sortie demain. Nous devons visiter la station d'épuration des eaux de Whitehorse. J'ai appris que nous ne sommes pas certains d'y aller...  L'enseignante qui devait nous conduire s'est blessée en fin de semaine. Nous verrons demain, je me croise les doigts, les orteils et vous demande de faire pareil! Il faut toujours avoir un plan B, me semble avoir déjà entendu ça quelque part...


vendredi 5 décembre 2014

Leadership 101 (5 décembre 2014)

Toute la journée scolaire a été consacrée au camp de leadership. Ce matin l' unique autobus jaune (un autobus, un seul autobus!) a transporté tout le secondaire à un chalet de ski de fond situé à quelques minutes de l'école. Une équipe formée d'une psychoéducatrice, du responsable à la vie étudiante, une intervenante jeunesse à Jeunesse Franco-Yukon (JEFY) et une formatrice de l'Ontario nous a concocté une journée d'ateliers. Nous avons commencé avec une activité brise-glace dans l'autobus, il fallait d'abord s'asseoir avec quelqu'un que l'on connait peu et lui poser quelques questions obligatoires. Nous avons parlé de zone de confort et des bienfaits de sortir de cette zone afin de  faire bouger les choses. Il y a eu un atelier où il était demandé de se dessiner en incluant tout ce qui nous tient à cœur, tout ce qui fait notre identité. D'autres activités étaient orientées sur le travail d'équipe, la coopération. L'objectif sous-jacent à cette journée était de comprendre un peu mieux qui l'on est, quel style de leadership nous caractérise, dans quelle sphère est-ce qu'il s'exprime, comment est-ce qu'on peut l'utiliser au service du français et devenir un passeur culturel. C'était une formation qui était très pertinente pour la problématique qui se vit dans une école francophone en milieu minoritaire. Les élèves finissent par perdre de vue pourquoi ils doivent absolument parler français alors qu'ils pourraient s'exprimer plus rapidement en anglais. De plus, avec le nouveau curriculum qui arrive (révision du programme au ministère) la culture et l'identité culturelle occupera une place de choix. C'était donc une façon de mettre la table et de passer le flambeau aux enseignants pour qu'ils poursuivent la mission culturelle lancée.  

La réponse des élèves a été épatante. La plupart se prête au jeu, même les plus petits prennent leur place devant les grands et n'hésitent pas à donner leur avis devant un grand groupe. De toute beauté!  Ils ont refait l'exercice sur les valeurs de l'école que nous avions fait entre enseignants et spécialistes le lundi (des universitaires!), les résultats étaient tout à fait comparables pour quatre des cinq valeurs! Ils sont épatants!



Chalet du Mont McIntyre

Je suis ensuite allée au centre-ville, ma première promenade seule. Très agréable. Ce n'est pas pareil être seule dans le silence, j'observe plus, je m'investit plus. C'est en suivant mon instinct que je me suis retrouvée exactement où je souhaitais être: à l'AFY. Ma coloc m'avait invitée au repas-causerie du vendredi soir où elle est bénévole et fait le service. Au début, il y avait des petites familles francophones avec leurs enfants, il y a même une jeune fille (une élève de l'école) qui garde les enfants. Une autre table, d'adultes cette fois, s'est remplie. Je n'avais pas très faim, je lisais dans un coin en portant une attention autour pour comprendre les dynamiques quand une personne s'est approchée et m'a demandé: "est-ce que vous êtes seule ou vous attendez quelqu'un?". Je lui ai répondu que j'étais effectivement seule et que j'étais nouvelle au Yukon. Elle m'a dit: "nous allons vous faire ne place à notre table, venez". Quel plaisir ça fait d'être invitée ainsi! C'est de cette façon qu'on m'a mise au courant d'un programme magnifique où des francophones vont dans les familles exogames (y a pas de honte à chercher la définition d'un mot, allez!) faire la lecture en français aux enfants, il y a une bibliothèque francophone mobile qui circule pour prêter des livres aux personnes à mobilité réduite, il y a des personnes qui vont faire la lecture (toujours en français) dans les garderies. J'ai fait la rencontre de personnes actives dans leur communauté. Il y avait même un anglophone qui aime se retrouver avec les francophones, il a un bagage étonnant. C'est un dur à cuire, il se balade à l'année à vélo, quand il débarque on dirait un mineur! Il a un casque, une frontale, des survêtements résistants de couleurs fluorescentes, des lunettes de ski... J'ai maintenant des invitations pour un café-causerie demain soir, une soirée danse défoulement (une heure de danse où tout est permis). J'avais déjà le projet d'aller glisser dans le désert de Carcross, qui serait possiblement le plus petit désert au monde.  Quand est-ce qu'on peut travailler au Yukon? Y a quelqu'un qui peut me le dire?


Main street décorée pour Noël (au fond il y a des montagnes...)




Espace musique à l'AFY 

(à gauche, je parie que c'est une peinture de Nathalie Parenteau)


jeudi 4 décembre 2014

La vie scolaire (4 décembre 2014)

Je commence à faire partie de la vie scolaire, c'est très agréable. J'ai discuté de différenciation pédagogique avec la psychoéducatrice. Nous avons commencé, hier, pour deux élèves une procédure qui a valu la peine. Elle a travaillé un texte de science et un protocole de laboratoire dans le cadre d'un cours de français. Les élèves sont arrivés préparés et motivés au laboratoire, ils ont même pu être les premiers à expérimenter. Ils étaient très fiers d'eux. 


J'ai obtenu 10 minutes d'un cours de "santé et carrière" pour faire un retour sur un examen avec les élèves de 7ème. Aussi, j'ai eu des questions ce midi de la part d'une élève qui était absente la semaine passée. Les interactions augmentent et le plaisir d'être là va dans le même sens. J'ai été très heureuse dans le cours de science des 8ème, il y a un élève qui s'engage rarement dans une tâche et cette fois, il n'avait pas envie de la laisser. Ça donne le goût de s'accrocher. 


Une belle journée (3 décembre 2014)

Quand on demande aux enfants ce qu'ils ont aimé dans une journée d'activités, ils répondent souvent:"j'ai tout aimé".  J'aurais sûrement répondu la même chose pour ma journée d'aujourd'hui. Ce n'est pas qu'elle était parfaite. C'est l'ensemble qui était satisfaisant. Il y a eu de beaux moments en cours, dans le laboratoire, les corridors, au gymnase... Il y a eu des Jell-o avec les 8ème. C'est comme si le sentiment de satisfaction venait de plein de petites choses peu marquantes mais mises ensemble, elles font la différence. Ce ne serait pas ça la synergie? Peut-être est-ce simplement l'équilibre. Ou bien je commence à sentir que je fais partie d'une équipe?


De toutes façons, j'en prendrais bien une autre comme ça! 


mardi 2 décembre 2014

Il y a un mais... (2 décembre 2014)

Par où commencer? Je prépare mes cours, je les visualise, je fais la plupart des exercices, je me fais un plan de match que je révise juste avant le cours en indiquant des petites notes à la main. Je me sens à mon affaire. Voulez-vous bien me dire pourquoi, malgré mes discours sur les devoirs, je suis sans nouvelles des travaux de certains élèves? Et par dessus le marché, malgré le sérieux du titre "examen maison", il m'en manque deux? Ils avaient quatre jours pour le compléter. Ils pouvaient utiliser leurs notes de cours, Internet, interviewer un spécialiste de Greenpeace, travailler en famille, tout était permis! Deux élèves sont sortis du cours sans remettre leur copie! Un examen = une note, pas d'examen = pas de note... Je suis déroutée. Peut-être est-ce normal quand on a entre 11 et 13 ans d'oublier ce qui vient d'être dit il y a dix secondes.



Aujourd'hui ma prouesse du jour, ça été d'arriver dans la gestion de mon temps. Je suis très heureuse et soulagée (pour ne pas surcharger un autre cours!) de passer au travers du plan fixé. Il me reste cependant un je ne sais quoi qui m'empêche de goûter la réussite. Non, en fait, je le sais ce qui me chicote. Je suis une fille qui aime les sentiers sinueux, j'aime me perdre, me retrouver, j'aime prendre le temps, j'aime rire.  Dans mes années de vagabondage, je suis parvenue à éduquer trois petites frimousses blondes en saisissant les occasions au passage. Ce goût de la découverte est mon moteur.  Comment vais-je arriver à concilier les exigences du curriculum scolaire et le plaisir d'apprendre? Est-ce conciliable? Ça prend combien de temps? Quand je répond à une question, il y en a dix qui font "pop" en même temps! C'est ça débuter?

lundi 1 décembre 2014

Journée pédagogique (1er décembre 2014)

Une journée pédagogique au Yukon, ce n'est pas une journée de planification. Nous avons eu la visite d'une formatrice qui a pris en main notre destin d'enseignant. Le ministère de l'éducation de la Colombie-Britannique travaille à une réforme du programme. Nous avons eu droit à l'ébauche du document. Une attention particulière sera accordée au développement de l'identité des élèves. La compétence s'intitule: "Compétence d'identité personnelle et culturelle positive". Elle a trois facettes: "relations et contextes culturels", "valeurs et choix personnels" et "forces et aptitudes personnelles".  Nous nous sommes entraînés à évaluer différents stades de développement de la compétence. Nous avons senti chez les enseignants une certaine réticence à ce changement, certains se demandent déjà comment il leur sera possible de l'évaluer à travers les matières enseignées.  C'était très particulier de reconnaître chez des enseignants d'expérience, des questionnements qui nous sont familiers à nous les stagiaires. Notre position était aussi un peu inconfortable, car nous savons les difficultés que vivent les enseignants du Québec au moment d'évaluer les compétences transversales et même, après de nombreuses années, la tâche semble toujours aussi arbitraire. Pourquoi y croire alors, si ailleurs les résultats ne sont pas concluants? La situation me laisse sans réponse...



La partie portant sur l'intégration d'un maximum d'éléments culturels dans nos cours était moins déroutante, car elle aurait pu être résumée à "Agir en tant que professionnelle ou professionnel héritier, critique et interprète d'objets de savoirs ou de culture dans l'exercice de ses fonctions" (compétence 1). C'était un peu comme se retrouver en plein cours d'INT 201! Pas perdues les stagiaires!