La chasse a commencé à notre insu par ce beau vendredi soir où Amélie et moi avons eu la brillante idée d'aller nous balader dans les bois à la nuit tombée. La première partie de la randonnée, rien à dire et déroulement très prévisible. On se rend à la pancarte, on regarde la carte du parc et nous partons faire Hawk Ridge trail. Tout va bien, il fait noir et les paysages sont splendides. Confiantes, nous avançons sans lampe de poche et moi, en grande chef scoute, je me fie au bruit que font mes pas pour savoir si je suis encore dans le sentier. Nous sortons du petit sentier pour en emprunter un plus large. Nous marchons, mais même moi j'étais à bout de conversation, donc ça faisait un petit moment quand même. Nous parvenons à une pancarte où il est inscrit "Gravel pit" et "Chalet", nous échangeons de grands points d'interrogation, fouillons dans notre mémoire et le verdict, aussi cruel soit-il, tombe: nous sommes perdues, il fait nuit (il n'est pas très tard et la nuit est douce, restons positives!) et personne ne sait où nous sommes. Nos sacs à dos ne pèsent pas très lourd: pas de rechange, pas de nourriture, pas de chandelles et allumettes... Les scoutes audacieuses avaient tout de même l'essentiel: la scoute technologique (eh non! ce n'était pas moi, c'est pas parce qu'on devient enseignant de technologie qu'il faut tout savoir!) avait son cellulaire (téléphone portable) muni d'un GPS et moi scoute traditionnelle, j'avais une lampe frontale. Alors scoute techno, en moins de deux nous situe sur la carte et scoute traditionnelle sort sa lampe de poche! Amélie est inquiète, elle croit avoir perdu sa carte débit en sortant son téléphone. Isabelle ne la prend pas trop au sérieux. Les voilà reparties. Au bout de 15 minutes, elles vérifient leur localisation: catastrophe! elles ne sont plus sur les sentiers... Elles rebroussent chemin, prêtes à refaire pendant 3 heures le chemin inverse s'il le faut (faut dire qu'il y en avait une à qui ce plan plaisait plus qu'à l'autre...). Les vaillantes marcheuses vont silencieusement à travers leurs pas. Bonne nouvelle, au dernier positionnement, elles se rapprochent de la ville! Nous parvenons au point névralgique: avec un lampe de poche tout est clair, nous devions TRAVERSER le chemin plus large et non pas l'emprunter... Sauvées, nous étions sauvées! J'ai laissé Amélie prendre ses drôles de pauses aussi souvent qu'elle le souhaitait (genre au milieu d'un pas elle s'écrase par terre, prend sa bouteille d'eau et me dit: je prends une petite pause). La vie est vraiment trop belle!
Épilogue (le lendemain)
Amélie: "J'ai vraiment perdu ma carte débit hier".
Isabelle: "On va la chercher?"
Amélie: "OK"
Nous voilà reparties dans les bois avec des chandelles, des allumettes, des biscuits au chocolat, une frontale et un cellulaire rechargé pour vivre une chasse au trésor grandeur nature (au Yukon, comment faire autrement?). Il n'y a pas que dans les livres que les histoires finissent bien. Pendant qu'Amélie préparait un feu, Isabelle a enfin décidé d'écouter ce qu'elle avait à lui dire hier. Elle s'est rendue seule sur les traces de la fameuse carte, au bout de 15 minutes, celle-ci reposait au chaud dans sa poche... Incrédule, Amélie a vérifié à la lueur de son feu si le nom inscrit était bien le sien...
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