Une phrase a changé ma vie

"On ne regrette jamais de choisir le côté imprévisible de la vie"
(Dominique Manny, La V'limeuse autour du monde)

lundi 8 décembre 2014

Une sortie, youppi! (8 décembre 2014)

Je souhaitais organiser une sortie à la station d'épuration des eaux de Whitehorse avec les élèves de 7e et 8e année. Cette sortie cadrait parfaitement avec de la matière vue précédemment en lien avec le cycle de l'eau, l'empreinte écologique, l'humain et l'écosystème, les bassins de drainage, la filtration de l'eau par le sol, l'eau souterraine, la sédimentation, etc. C'est maintenant chose faite. Aujourd'hui, nous avons été témoins qu'ici les choses peuvent encore se faire simplement et respecter le fonctionnement des écosystèmes.  Grosso modo les stations (une petite pour 250 habitations et une grande pour le reste de la ville, donc  pour 23 000 personnes) ont des fonctionnements similaires. L'eau souillée arrive dans un bassin, elle y séjourne et décante: les sédiments descendent au fond et l'eau plus claire reste au dessus. C'est l'activité enzymatique des bactéries qui permet de décomposer la matière organique. Dans le premier bassin, l'activité est intense et les conditions sont anaérobiques. Plus l'eau progresse à travers les bassins et plus elle est oxygénée et libre de sédiments. Au dernier bassin, les conditions sont revenues dans les normes acceptables pour l'environnement.  Le test: y placer des poissons et vérifier leur état de santé. Une eau polluée ne permettrait pas aux espèces introduites de survivre. L'eau pourra donc être relâchée dans le fleuve Yukon. L'eau séjourne en moyenne six mois dans les différents bassins. L'eau qui filtre à travers le sol et rejoint la nappe phréatique gagne aussi le fleuve, mais nous ne connaissons pas la durée du parcours. Les élèves qui s'attendaient à entendre parler de produits chimiques! Il n'y a que des bactéries et des enzymes ajoutées au début et, au dernier bassin, la faune aquatique et terrestre qui s'établit laisse entendre que les conditions sont favorables à la vie. On dirait un conte. On aurait dû demander à Mike s'il a remarqué la présence d'elfes dans les parages...


Quand je pense que nous sommes passés à deux doigts de ne pas réaliser cette sortie. La semaine dernière, j'ai travaillé avec un conseiller pédagogique pour monter la première partie du projet, ensuite avec l'EA et pour terminer avec une psychoéducatrice. J'avais demandé aux élèves de m'envoyer leurs questions (que la visite suscitait) par courriel. J'ai compilé leurs questions dans un journal de visite en incluant des exercices de mon cru. Il y a donc eu de nombreux efforts dans l'organisation d'une simple visite. Hier soir, j'apprenais que l'enseignante qui devait faire le chauffeur d'autobus (l'école possède son autobus, c'est chouette) s'est blessée et qu'elle serait absente, pouin, pouin, pouin, pouin, pouin. Tant pis, on verra bien. Mon EA a laissé entrevoir des solutions possibles ici et sûrement impossibles ailleurs. Ce matin, il a demandé un autobus jaune à la dernière minute avec chauffeur. Par dernière minute, j'entends dernière minute. À 8h15 la demande se faisait et le départ était pour 11h30.  Nous avons aussi dû courir les autorisations de sortie pour les élèves qui avaient oublié de faire signer leur formulaire. Tout s'est fait par courriels et nous sommes partis à temps... 






On voit que les étangs ne sont pas gelés. Ils tarderont à le faire car l'activité bactérienne dégage de l'énergie et du méthane.





Nous avons eu droit à une belle promenade sinueuse dans la nature. Si on ajoute à cela certaines effluves (il faisait chaud aujourd'hui, les odeurs en ont profité pour nous taquiner les narines), certains sont débarqués de l'autobus avec le teint pâle...


Si on compte le stress, les questions des élèves qui me sont parvenues à la dernière minute, le surplus de travail occasionné, je me suis demandée si ça valait vraiment le coup de se donner du mal et de prendre le risque que tous ces efforts ne mènent à rien. J'aurais presque aimé que les élèves n'apprécient pas... Ce serait plus simple. Maintenant, je ne peux m'empêcher de ressentir beaucoup de fierté en voyant leur enthousiasme à griffonner des notes dans leur journal de visite, de questionner Mike et même de déborder des questions préparées. Ils ne le savent pas, mais ils me font beaucoup de bien.


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